Le principal axe de mes recherches porte sur l’évolution et l’écologie chimique des interactions plante-insecte. J’étudie les processus par lesquels les insectes manipulent la physiologie et le développement des plantes, conduisant parfois à la formation de structures hautement spécialisées appelées galles. Les galles apparaissent lorsqu’un insecte détourne le programme de développement propre à la plante, réorientant la division et la différenciation cellulaires pour construire un abri et une source de nourriture pour sa descendance, souvent avec une précision et une spécificité remarquables. Comprendre comment cette manipulation s’opère au niveau moléculaire, pourquoi elle a évolué, et ce qu’elle représente pour la diversité du vivant qui en dépend, se situe à l’intersection de l’écologie chimique, de la biologie du développement et de la biologie évolutive.
Mes travaux sur ce sujet se déclinent en cinq projets interdépendants, présentés ci-dessous du plus récent au plus ancien, accompagnés des publications qui leur sont associées.
Membres de l’équipe : Antoine Lagrange (doctorant, à partir d’octobre 2026)
Collaborateur principal : Antoine Branca (Université Paris-Saclay)

De nombreuses guêpes à galles au sein des Cynipidae et des Diplolepididae, famille apparentée, présentent un cycle de vie hétérogonique alternant générations sexuées et asexuées (parthénogénétiques) au sein d’une même espèce. Ce projet, qui débutera avec la thèse d’Antoine Lagrange en octobre 2026, vise à étudier les mécanismes génétiques sous-jacents à la détermination du sexe chez ces guêpes et leur lien avec cette alternance de générations.
Collaborateurs principaux : Heather Hines, John Tooker, Andy Deans (Penn State University), Robert Warren (SUNY Buffalo State)

Ce projet est né de façon fortuite au cours de mon postdoctorat à Penn State, à partir d’observations faites en étudiant l’induction des galles chez les Cynipidae. Il examine la signification adaptative des structures morphologiques élaborées, et souvent surprenantes, que produisent les guêpes à galles, en testant des hypothèses sur leur rôle dans la défense contre les ennemis naturels et d’autres pressions de sélection façonnant la forme des galles.
Collaborateurs principaux : Heather Hines, John Tooker, Andy Deans (Penn State University)

Mené durant mon postdoctorat à Penn State, ce projet portait sur les origines évolutives et les bases moléculaires de l’induction des galles chez les guêpes cynipides, en examinant comment ces insectes manipulent les voies de développement et de défense des plantes pour construire leurs galles.
Collaborateurs principaux : David Giron (IRBI), Issei Ohshima (Kyoto Prefectural University), Carlos Lopez-Vaamonde (INRAE URZF)

Mes travaux de thèse portaient sur l’évolution du mode de vie gallicole à partir du mode de vie mineur chez les Gracillariidae, une famille de micro-lépidoptères qui regroupe à la fois des espèces mineuses et gallicoles étroitement apparentées, offrant une occasion rare d’étudier directement la transition vers l’induction de galles.
Collaborateurs principaux : Netta Dorchin (Tel Aviv Museum of Natural History), Sébastien Carbonelle

Mayetiola est un genre de cécidomyies (Cecidomyiidae) qui comprend certains des ravageurs agricoles les plus dommageables au monde, tels que la mouche de Hesse, alors que la diversité et la biologie de ses espèces sauvages, non associées aux cultures, restent mal documentées. Ce projet vise à recenser et à caractériser la diversité des espèces de Mayetiola en Europe.